Organisation d’une marche No TAV pour l’été 2015 en France….

Le 31/01/2015

Salut à toutes et à tous,

Attention danger, le TAV se remet en route. Et nous alors ?

Les promoteurs de la ligne TGV Lyon-Turin annonçaient la reprise des travaux pour Janvier 2015, à St Martin la porte (en Maurienne). Pourquoi ? Et bien parce qu’ils ont le champ libre. En France la mobilisation contre le TAV n’a jamais vraiment décollé et ils en profitent. Le percement du tunnel entre Saint-Martin-la-porte et le village de Chiomonte va sans doute débuter cette année. Plus les travaux avancent, plus il semble difficile de s’opposer aux aménageurs. Il reste encore beaucoup de choses à imaginer pour que le projet soit abandonné. Dès lors, il nous paraît particulièrement opportun de dépasser les discours proposant un TAV « vert » ou de simples alternatives au tracé prévu. Il est temps de se rendre ensemble sur les lieux des travaux. C’est en ayant une présence sur place que nous pouvons être efficaces et effectifs pour empêcher ou ralentir le chantier.
En Italie, dans le Val de Suse les travaux avancent à pas de fourmis grâce à la mobilisation quotidienne des habitantEs de la vallée mais aussi de tout un tas de gens venus des 4 coins de la botte pour leur prêter main forte.

Depuis trop longtemps en France nous attendons que les italienEs amènent seuls la victoire. De l’autre côtés de la frontière, chaque années depuis 2005 des manifestations de plus 60000 personnes se retrouvent face à la police, l’armée, la mafia. L’année dernière les NOTAV ont marché dans la vallée, d’Avigliana à Chiomonte, en s’arrêtant dans les villages. Ils mangeaient ensemble, marchaient ensemble, dormaient sur des terrains prêtés par des habitants. Ils prenaient le temps, celui qui va disparaître avec le TGV.

De là est née l’envie de faire une marche de quelques jours cet été en juillet, de ce coté ci de la frontière. Faire un bout du tracé, à pied, entre Lyon et le Val de Suse; s’arrêter là où les gens veulent bien nous accueillir pour une nuit ou deux, prêter une grange ou un bout de terrain. Nous voudrions organiser des concerts, projections, discussions, faire des courses d’orientation, construire des cabanes…

Sans avoir la prétention d’être des milliers, nous aimerions au moins que ça permette de parler du projet et de cette lutte qui dure depuis plusieurs années pour l’empêcher ; et pourquoi pas que d’autres luttes se croisent, se mêlent à cette occasion. Alors, si vous êtes prêtEs à faire un bout de marche avec nous, à organiser avec ou sans nous dans votre commune un concert ou un buffet ; si vous êtes prêtEs à nous accueillir, ou simplement venir un soir raconter vos histoires sur la lutte contre le Lyon Turin (et d’autres), vous êtes invité à nous répondre au plus vite, pour que l’on puisse ensuite se rencontrer et s’organiser.

Un Collectif de Lyon, Suisse, Chartreuse et Grenoble contre le TGV Lyon-Turin
marchenotav@rebellyon.info

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Samedi 21 février 2015 à Turin : manifestation populaire No TAV contre la répression

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Jeudi 26 février 2015 à Chambéry : réunion publique sur le Lyon-Turin

publié sur Collectif No TAV Savoie.
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[Lyon-Turin] 47 “No TAV” opposants au chantier du Lyon-Turin condamnés à de la prison ferme après des heurts avec la police en 2011

Quarante-sept opposants au chantier de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin ont été condamnés ce mardi 27 janvier à des peines de prison par un tribunal de Turin pour des heurts violents avec la police italienne en 2011.

No TAV

Un total de 150 années de prison leur ont été infligées par le tribunal, selon le quotidien La Stampa. Six autres opposants ont été acquittés. Le parquet avait réclamé un total de 193 années contre l’ensemble des accusés.

A l’énoncé du jugement, les condamnés, ont protesté dans la salle du tribunal et hurlé: “ils ne nous enterreront pas avec ces condamnations”.

En juin et juillet 2011, de violents affrontements avaient opposé des centaines de manifestants encagoulés venus de toute l’Italie aux forces de l’ordre sur le chantier de Chiomonte, dans le Val de Suse, une vallée alpine italienne, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Turin.

En décembre, quatre opposants au chantier avaient été déjà condamnés chacun à 3 ans et demi de prison par la Cour d’assise de Turin. A chaque fois, les manifestants découpaient le grillage protégeant le chantier, ou bloquaient l’accès, lançant des cocktails Molotov et des engins explosifs artisanaux sur les forces de l’ordre déployées en nombre.

L’écrivain italien Erri De Luca, qui avait pris position pour les “No Tav”, sera en procès à partir de ce mercredi 28 janvier à Turin. Dans une interview en 2013, il s’était prononcé pour le sabotage de la ligne à grande vitesse.” Ces montagnes que l’on éventre pour une voie de chemin de fer sont pleines d’amiante ” avait-il déclaré.
Les opposants à ce projet, issus en grande partie des mouvements autonomes d’extrême gauche, principalement italiens, le jugent néfaste pour l’environnement et d’un coût exorbitant.

Rappel des faits, Xavier Schmitt

VIDEO

Retour sur la condamnation opposants Lyon-Turin

Projet stratégique pour le réseau européen et pour les relations franco-italiennes, le TGV Lyon-Turin devrait permettre de supprimer le passage routier d’un million de camions par an entre les deux pays, et de raccourcir le trajet ferroviaire Paris-Milan à un peu plus de 4 heures contre 7 actuellement.
Le projet a été lancé en 1991, mais il a été ajourné tant de fois que la ligne ne devrait entrer en service qu’en 2028-2029.

Leur Presse (France 3 Alpes avec AFP, 27/01/2015).

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Erri De Luca défend sa liberté d’expression devant ses juges à Turin

L’écrivain italien Erri De Luca a défendu mercredi sa liberté d’expression devant le tribunal de Turin (nord), à l’ouverture de son procès pour incitation au sabotage du chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin.

La prochaine audience a été fixée au 16 mars, avec l’audition des premiers témoins.

«Le verbe saboter est noble ! Gandhi lui-même l’a utilisé», a déclaré peu avant le début de l’audience l’auteur de «Montedidio», prix Feminia étranger en 2002 en France.

Erri De Luca, 64 ans, est accusé d’avoir incité au sabotage du chantier de la TAV (équivalent français du TGV), dans un entretien avec plusieurs médias italiens en 2013.

Dans la petite salle du tribunal, une vingtaine de «No-TAV» — qui jugent le chantier néfaste pour l’environnement et d’un coût exorbitant — sont venus soutenir l’écrivain, certains brandissant des affiches proclamant «Je suis Erri».

Dès le début de l’audience, le procureur Andrea Beconi a affirmé qu’il n’y avait à son avis aucune ambiguïté sur le sens du mot «saboter» utilisé par l’écrivain: il s’agit bien d’incitation à la destruction de biens.

Selon lui, il n’est certes pas question de remettre en cause la liberté d’expression, mais dans le cadre de la loi. Or l’incitation à commettre un délit est bien l’une des limites prévues par la loi à la liberté d’expression, a insisté le procureur.

Pour Alberto Mittone, avocat de la société franco-italienne LTF, qui construit la ligne et qui est à l’origine de la plainte, «les délits peuvent se commettre tant avec des paroles qu’avec des actes».

Me Mittone s’est aussi beaucoup attardé sur la personnalité d’Erri De Luca, longtemps militant d’extrême-gauche, soulignant aussi que son influence en tant qu’écrivain reconnu donnait à ses propos un impact psychologique plus important.

«Mais qu’on me présente ces gens que j’ai incités à saboter, à commettre des délits ! Où sont-ils ?», a lancé M. de Luca, interrogé par les nombreux journalistes venus assister au procès.

- ‘Une sanction politique’ -

Le parquet et la LTF voulaient présenter de nombreux témoins — mais aucun «saboteur» – et une importante documentation, afin d’expliquer le contexte et de relier les propos de l’écrivain au combat des «No TAV».

L’avocat de l’écrivain, Me Gianluca Vitale, s’y s’est vivement opposé, dénonçant le risque de «dérive» d’un procès qui serait allé bien au-delà du cas d’Erri De Luca.

Le tribunal lui a partiellement donné raison en rejetant une partie des témoins réclamés par le parquet et la partie civile.

«Ce procès en sera d’autant moins lourd», s’est félicité l’écrivain devant l’AFP à la fin de l’audience. «Ca n’en continue pas moins à être un procès à liberté d’expression», a insisté son avocat.

Mardi, 47 opposants au chantier de la ligne Lyon-Turin avait été condamnés à Turin à des peines de prison ferme pour des heurts violents avec la police italienne en juin et juillet 2011, tandis que six autres ont été acquittés.

Un total de 150 années de prison ont été infligées dans cette affaire.

Lors de ces affrontements, des centaines de manifestants encagoulés venus de toute l’Italie découpaient les grillages protégeant le chantier dans le Val de Suse, à l’ouest de Turin, ou en bloquaient l’accès, lançant des cocktails Molotov et des engins explosifs artisanaux sur les forces de l’ordre déployés en nombre.

«C’est une sanction politique !», a dénoncé à ce propos Erri De Luca.

Lui-même risque entre un et cinq ans de prison et a déjà prévenu qu’il ne comptait pas faire appel en cas de condamnation.

Leur Presse (Libé, 28-01-15)

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Autoroute bloquée après les condamnations des 47 No Tav

Mardi 27 janvier, après les très lourdes peines infligées aux No Tav pour les journées de lutte du 27 juin et 3 juillet 2011, un presidio est appelé à Bussoleno à 18h30. Dans la soirée, l’autoroute est bloquée malgré une lourde présence des forces de l’ordre. Plusieurs interpellations mais pas d’arrestations.

publié sur Comité No TAV Paris.

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140 ans de prison pour le mouvement No-Tav, et c’est le tour d’Erri de Luca

C’est aujourd’hui que devrait commencer le procès contre Erri De Luca pour ses déclarations en faveur du sabotage du chantier de la liaison Lyon-Turin (Treno ad Alta Velocita – TAV). Les lecteurs de ce blog connaissent l’affaire. Avec la sérénité inébranlable qui le caractérise, il annonce que s’il est condamné, il ne fera pas appel et ira en taule. Par ailleurs, le site no-tav info communique le résultat du procès intenté à 53 no-Tav pour leur présence à des affrontements lors de l’évacuation de la libre république de la Maddalena le 27 juin 2011 et lors d’une manifestation en réaction le 3 juillet. Le bilan est lourd.  :

La vengeance de l’Etat aux dépens du mouvement No-Tav s’est accomplie aujourd’hui dans la salle-bunker de la prison des ValetteTurin, ndt).
Le tribunal de Turin, par la voix du juge Bosio, a condamné 47 des 53 No-Tav à plus de 140 ans de prison, en tout, et à des dommages et intérêts qui dépassent la centaine de milliers d’euros, pour les événements des 27 juin et du 3 juillet 2011. En tout, six personnes ont été relaxées.
Cette condamnation confirme pour beaucoup les peines demandées par l’accusation et pour certains va même au-delà
Confirmées dont les accusations pour les délits de coups et blessures, destructions et violence avec menace contre des officiers publics et les circonstances aggravantes sont reconnues par l’utilisation d’armes, lancement de corps contondants, lancer de pierres, pétards et feux de signalisation. Les peines sont plus élevées pour les évenements du 3 juillet que pour ceux du 27 juin.
Lourdes condamnations, cond, qui confirment le théorème accusatoire d’un parquet qui a dicté les règles et les modes du procès au tribunal, lequel, absolument passif et asservi aux pouvoirs en jeu, a permis toute une série de pressions et d’intimidations aux dépens des témoins, sans battre un cil. Le juge Bosio avait envie de partir à la retraite et de conclure sa carrière en soutenant les personnages connus habituels (puissants amis des puissants et amis à lui) et c’est ce qu’il a fait.
Un cadeau qui est clairement fait à Caselli, l’ex-procureur en chef de Turin désormais à la retraite, et idéologue de cette persécution contre le mouvement No-Tav. Toute sa cour, et celle qui lui sert depuis toujours, sera prête à dire qu’ils avaient raison et que justice a été faite (après toutes les baffes qu’ils ont pris cette année [- allusion au refus de l’inculpation pour terrorisme dans d’autres procès – ndt]). Ils voulaient une lourde condamnation pour pouvoir encore une fois brandir le fétiche de l’Ennemi Public No-Tav mais on le sait, la crédibilité aux yeux du plus grand nombre, ils l’ont perdue depuis longtemps et nous n’avons jamais cessé de suivre notre route, en démontrant que nous avions des raisons à revendre et eux tout à fait tort.
(…)
Cette condamnation aujourd’hui est donné à tout le mouvement No-Tav, parce que après des décennies, nous ne baissons toujours pas la tête et continuons à lutter, forts de la raison et de la volonté (jamais négociable) de défendre nos terres et nos vies.
C’est la vengeance de l’Etat contre notre résistance et l’entêtement que nous continuons à montrer, en remettant en question un système injuste et corrompu.
Nous repartons de là, sans aucun remord!
Solidarité à tous les condamnés!
(traduit par mes soins, SQ)
Signalons que celui qui a remplacé le lamentable Caselli à la tête du parquet de Turin, c’est l’immonde Spataro, le principal procureur acharné contre Cesare Battisti, toujours prêt à vendre la vérité officielle sur les “années de plomb” à ces ignorants de Français. Dans le Nouvel Observateur, il repart à l’attaque contre Erri. Son texte vaut d’être lu pour ce tour de force : à peu près un mensonge par phrase.
Il faut dire que, faire dire aux mots ce que les puissants veulent qu’ils disent, les juges italiens connaissent:
“Les procureurs exigent que le verbe “saboter” ait un seul sens. Au nom de la langue italienne et de la raison, je refuse la limitation du sens”
Erri de Luca, La parole contraire, Gallimard

Ouverture du procès de Erri de Luca
texte publié sur Les Contrées Magnifiques.
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Vengeance d’État : 140 ans de prison contre les No TAV

Les condamnations pour le maxi-procès viennent de tomber, aujourd’hui, mardi 27 janvier. 47 des 53 imputés ont été condamnés globalement à 140 ans de prison et des milliers d’euros d’amendes pour les journées de lutte du 27 juin et 3 juillet 2011.

Juste après la sentence la route en face de la prison Vallette (Turin) où s’est tenu le procès a été bloquée par un groupe de No Tav.

Dans la soirée, les No Tav ont défilé dans les rues de Bussoleno et ont ensuite réussi à bloquer l’autoroute malgré le dispositif policier impressionnant déployé pour l’occasion.

Demain – mercredi 28 janvier (21h) – assemblée populaire à Bussoleno

Samedi 31 janvier – après-midi en Clarea

Texte publié sur Comité No TAV Paris.

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Bologne, Italie : Perquisitions suite à un sabotage de voie ferrée

Ci-dessous, le communiqué des anarchistes après la perquisition :

Mardi 23 décembre, autour de 11 heures du matin, la DIGOS de Bologne a fait irruption dans les maisons de quatre compagnons et compagnonnes à la recherche d’armes et d’explosifs (art. 41), suite à l’incendie des câbles sur la ligne de la grande vitesse Bologne-Milan quelques heures plus tôt aux portes de Bologne.
Les perquisitions se sont déroulées assez rapidement et n’ont mené à aucun résultat. Il s’agit évidemment d’une sorte de rite à accomplir suite aux piaillements de Lupi, qui a tout de suite parlé de terrorisme. Faire voir que la police est là et que la police agit.

Tout notre dégoût envers ceux qui continuent de mettre le nez dans nos maisons.
Toute notre solidarité pour Chiara, Claudio, Mattia et Nicco, finalement hors de prison, bien qu’encore en assignation à résidence, et à Graziano, Francesco et Lucio, encore en prison pour le sabotage du chantier du TAV le 13 mai 2013.
Liberté pour tous !

Les anarchistes perquisitionné-e-s

Texte publié sur InformaAzione et traduit par Contrainfo.

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[NO TAV Italie] Chiara, Claudio, Niccolò et Mattia assignés à résidence, Lucio transféré

musineUne semaine après leur condamnation, Chiara, Claudio, Niccolò et Mattia ont été placé-e-s en assignation à résidence avec toutes les restrictions. Ils sortent donc de prison mais il leur est interdit de voir toute personne n’étant pas domiciliée dans la même maison.

D’autre part, Lucio a lui aussi, comme Francesco et Graziano, été transféré dans la section AS2 de la prison de Ferrara.
Si vous souhaitez leur écrire, leur adresse est :

Francesco Sala
Graziano Mazzarelli
Lucio Alberti

c/o C.C. via dell’Arginone, 327
44100 Ferrara
Italia

Texte publié sur Macerie traduit par Contrainfo.

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Italie : Verdict au procès No-Tav, la cour abandonne les charges anti-terroristes

Alors que le procureur avait demandé 9 ans et demi de prison contre les 4 accusés du procès No-Tav, le juge a finalement abandonné les charges antiterroristes, les qualifiant d’infondées. Il a donc condamné les quatre inculpés à 3 ans et demi de prison, soit 6 de moins que prévu. Mattia, Claudio, Niccolo et Chiara sont incarcérés depuis décembre 2013.

Délégation du SRI au procès des 4 No-Tav en mai 2014

Délégation du SRI au procès des 4 No-Tav en mai 2014

Texte publié sur Secours Rouge.

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Des opposants au TGV Lyon-Turin condamnés à 3 ans et demi de prison

Manifestation à Turin des « No TAV », des militants qui protestent contre la construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, en février 2012.

Quatre opposants italiens à la ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin ont été condamnés, mercredi 17 décembre, à trois ans et demi de prison pour avoir attaqué un chantier du TGV en mai 2013, rapportent les médias italiens.

La cour d’assises de Turin a jugé les quatre hommes coupables de « détention d’armes de guerre », des cocktails Molotov, et d’avoir causé des « dégâts suivis d’un incendie », précise le quotidien La Stampa. Elle a en revanche refusé de suivre le réquisitoire du parquet qui accusait les prévenus de terrorisme et réclamait neuf ans et demi de prison.

ATTAQUE DU CHANTIER

En mai 2013, une trentaine de personnes encagoulées avaient attaqué de nuit le chantier d’une galerie de reconnaissance pour le tunnel destiné au TGV, située à Chiomonte, dans le val de Suse, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Turin.

Certains avaient coupé le grillage protégeant le chantier, d’autres avaient bloqué avec des chaînes des accès secondaires utilisés par les forces de l’ordre tandis que d’autres encore avaient lancé des cocktails Molotov et des engins explosifs artisanaux.

Deux des cocktails Molotov avaient visé les forces de l’ordre, sans faire de victime, tandis que les dégâts sur le chantier étaient restés limités, selon la société gestionnaire LTF.

ACCUSATION DE TERRORISME « INFONDÉE »

« L’accusation de terrorisme était de toute évidence infondée. C’est une victoire sur toute la ligne. C’est le verdict que nous souhaitions. J’avais dit à mes clients qu’en dessous de quatre ans (de peine de prison) c’était une victoire », s’est réjoui MClaudio Novaro, un des avocats de la défense, cité par La Stampa.

Me Novaro a également indiqué qu’il demanderait que ses clients soient assignés à résidence plutôt qu’incarcérés. Projet stratégique pour le réseau européen, la LGV Lyon-Turin devrait permettre de supprimer le passage d’un million de camions par an et de raccourcir le trajet Paris-Milan à un peu plus de quatre heures, contre sept actuellement.

Le projet a été lancé en 1991, mais il a été ajourné tant de fois que la ligne ne devrait entrer en service qu’en 2028-2029. Les opposants à ce projet, principalement italiens, le jugent néfaste pour l’environnement et d’un coût exorbitant, et manifestent régulièrement dans le val de Suse.

Un chantier titanesque.

Leur presse (Le Monde 17 décembre 2014)

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De Turin à Barcelone : l’antiterrorisme comme dispositif de gouvernement

Des nouvelles de l’offensive contre-insurrectionnelle des pouvoirs européens

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Barcelone, le 18 décembre 2014

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Turin, le 10 mai 2014

- Chiara, Mattia, Niccolo, Claudio : No TAV Liberi ! -

Les 4 militant-e-s italien-ne-s du mouvement No TAV qui s’oppose au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin étaient accusé-e-s d’avoir participé à une action de sabotage du chantier militarisé du Val Susa en mai 2013. Après des mois d’enquête, c’est le parquet antiterroriste de Turin qui avait ordonné leur arrestation en décembre 2013 et leur placement en prison de haute sécurité. En effet, la qualification pénale retenue pour l’incendie de quelques machines était « l’attentat à finalité terroriste ». Le parquet requérait 9 ans de prison ferme.

Après un an de prison sous un régime ultra contraignant, le parquet de Turin a enfin rendu sa décision ce matin 17 décembre : les 4 No TAV sont relaxé-e-s pour les chefs d’inculpations « d’attentat à finalité terroriste » et de « transport d’armes de guerre ».

C’est une petite victoire pour un mouvement qui, dès le lendemain du sabotage en question, l’assumait et le revendiquait dans toute sa diversité. En mai dernier, plus de 30 000 manifestant-e-s affirmaient dans les rues de Turin : « Nous sommes tou-te-s coupables de résister ! ». Le 22 novembre, alors que des manifestations rageuses parcouraient la France suite à l’assassinat de Rémi Fraisse, des milliers de personnes battaient une nouvelle fois le pavé en solidarité.

De toute évidence, les vagues de déclarations publiques, manifestations solidaires et sabotages en tous genres qui ont régulièrement traversé le pays depuis un an ont joué en leur faveur. Malgré tout, Chiara, Mattia, Niccolo et Claudio sont condamné-e-s à 3 ans et 6 mois de prison ferme. Partout dans le monde, les flics tuent et mutilent et sont couverts par la justice.

Les déclarations à chaud de quelques collectifs du mouvement NoTAV parlent d’un précédent historique arraché à la justice italienne à force de luttes acharnées. Un précédent qui pèsera sans doute sur les procès de Lucio, Graziano et Francesco, emprisonnés depuis juillet pour les même faits.


– Catalogne : liberté pour les anarchistes interpellés ! -

Le 16 décembre aux aurores, des centaines de policiers catalans appuyés par un hélicoptère envahissent les squats de Barcelone, interpellent 11 personnes et fouillent les lieux de fond en comble à la recherche de livres, d’affiches et de matériel informatique

Si les flics se targuent en grande pompe de « déstabiliser une organisation terroriste anarchiste », ils ne donnent que très peu d’informations sur la procédure en cours et notamment sur les faits qui fondent cette accusation : seraient en cause des dégradations de distributeurs de billets en 2012…

Le soir même dans toute l’Espagne, des milliers de personnes descendent dans les rues pour exiger la libération des anarchistes interpellé-e-s et affirmer : « Le terrorisme, c’est de ne pas pouvoir manger jusqu’à la fin du mois. » Des barricades sont érigées à Barcelone et à Madrid pour se protéger des agressions policières.

Quelques images des manifestations de Barcelone hier soir : http://disopress.com/gallery.php?mode=all&id=NzIwMTEzMWU2ZjI5Nzc%3D&page=1

Plus d’infos sur cette affaire : http://www.non-fides.fr/?Espagne-Grosse-vague-de

« L’idée qui prévaut dans les législations antiterroristes est que tout le monde peut être un terroriste en puissance. Les faits semblent d’ailleurs le confirmer : les jeunes qui se font exploser un peut partout dans le monde sont vraiment quiconque. Ils proviennent de diverses classes sociales, certains viennent de pays lointains mais beaucoup sont des homegrown terrorists, qui ont grandi dans le pays même où ils commettent leur attentat. L’alarme quant au risque terroriste doit être permanente, la peur qui en dérive doit être quotidienne, les espaces à protéger à l’aide de caméras de surveillance, de policiers et de soldats doivent être partout. Cette omniprésence de la menace peut être articulée plus précisément selon les circonstances. Le profil du terroriste est donc à géométrie variable en fonction du contexte : ce sera un Tchétchène à Moscou, un Arabe dans le métro de Londres, un anarchiste sur une place d’Athènes, un No TAV dans les rues de Turin. Il est ainsi possible de stigmatiser assez facilement des populations ou des mouvements entiers »

- Extrait de la brochure « No TAV, terrorisme et contre-insurrection », traduite en français par ici : http://juralib.noblogs.org/2014/05/20/no-tav-terrorisme-et-contre-insurrection-welcome-to-the-terrordome/

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Sources :
http://www.notav.info/
https://directa.cat/

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No TAV – De la prison à la vallée solidarité!

Le 17 décembre il y aura le rendu du procès pour Chiara, Claudio, Mattia et Niccolo. Graziano, Francesco et Lucio sont eux en detention préventive en attente d’un proces. D’autres compagnons sont inculpés pour des actions de solidarité. Solidarité!

La nuit du 13 au 14 mai 2013, un groupe parvient à s’introduire dans l’enceinte du chantier de  la construction de la ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin (TAV) en Val Susa et à saboter à coups de cocktails molotov des machines du chantier servant à la réalisation du tunnel d’exploration dont la dégradation bloque et ralentit l’avancement des travaux. Sans faire de blessés et sans être plus que ça inquiété-e-s par les nombreux flics et militaires présents sur le chantier.

C’est de cette action, que sont accusé-e-s Chiara, Claudio, Mattia, Niccolò, Graziano, Francesco et Lucio.

Le 9 décembre dernier, des perquisitions et arrestations ont lieu à Turin et à Milan et quatre compagnon-ne-s sont incarcéré-e-s. Depuis le début ils font face à des mesures restrictives qui se succèdent (suspension des parloirs, isolement, transfert dans des prisons de Haute sécurité, censure du courrier, diminution des heures de promenade, …).

En juillet, trois autres personnes ont été arrêtés dans le cadre de la même affaire sur la base d’écoutes faites par les flics. Ils sont incarcérés dans différentes taules italiennes en attente d’un procès.

Ces arrestations font suite à de nombreuses autres, il y a plus de cinq cents personnes inculpées, en procès ou en attente de procès autour de la lutte No Tav. En janvier, il y a le rendu d’un procès contre 53 personnes suite à l’expulsion et la tentative de réoccupation du chantier de la Maddalena à l’été 2011.

Alors que la lutte perdure depuis de nombreuses années dans la vallée, elle s’est étendue hors de la vallée, du TGV à son monde. Du chantier à tous ceux qui permettent sa réalisation. La lutte n’en est pas à son premier sabotage. De fait, au cours des années, les collabos du Tav ont été identifiés et au travers de moyens divers et variés, attaqués. Depuis les arrestations de décembre de nombreuses actions de solidarité ont eu lieu dans toute l’Italie et au delà, banderoles, manifestations, blocages de trains, sabotage, tags, en ciblant par exemple les sièges du PD (Parti Démocratique au pouvoir en Italie), des banques (San Paolo), des boutiques SNCF.

Le procès de Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò, arrêté-e-s le 9 décembre, a commencé en mai dans une salle de la prison des Vallette à Turin. En septembre, ils ont déclaré avoir participé à l’attaque du chantier. Le 14 novembre, les réquisitions des procureurs ont confirmé les accusations construites contre eux, attentat à finalité terroriste, attentat terroriste avec engins pouvant causer la mort et explosifs, détention et transport d’armes de guerre, dégradation par incendie et violence contre personne dépositaire de l’autorité publique sont donc les délits qui, en appliquant les règles de l’arithmétique pénale, ont amené les deux procureurs à requérir des peines de 9 ans et 6 mois pour chacun des quatre compagnons. Le 17 décembre il y aura le rendu.

A travers ces procès, l’État italien voudrait isoler des individus et stopper cette lutte. Le 22 novembre il y a eu des manifestations dans toute l’Italie, pour marquer l’opposition à un projet qui est utile à ceux qui le financent et le promeuvent, redire la lutte contre l’occupation des montagnes par les barbelés et les militaires et défendre le sabotage pour enrayer la destruction de la vallée !

Depuis le 14, il y a eu de nombreuses actions de solidarité, des blocages de trains (Trento, Trasta), occupations, peintures et autres destructions sur des bureaux du PD (Trento, Cremona, Turin) ou peinture et tags sur un tribunal à Venise le 16 novembre, pour lesquels deux personnes ont été arrêtés le 2 décembre et inculpés du même délit que Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò, (270 sexies), actes à finalité de terrorisme.

Que se soit à Turin, dans la vallée de Susa, à Venise, au Testet, à Toulouse, à Notre-Dame des Landes, à Nantes, à Paris ou ailleurs, il y a toujours des occasions pour renforcer notre solidarité et notre détermination face aux pelleteuses et aux gaz.

Le terroriste c’est l’Etat !

Liberté pour tou-te-s !

http://autistici.org/macerie/

http://informa-azione.info

http://fr.contrainfo.espiv.net

Niccolò Blasi et Mattia Zanotti C.C. San Michele strada Casale, 50/A – 15121 Alessandria;
Claudio Alberto et Chiara Zenobi C.C. “Lorusso e Cotugno” via Maria Adelaide Aglietta, 35 – 10151 Torino.
Graziano Mazzarelli
C.C. via Gravellona, 240 – 27029 Frazione Piccolini Vigevano (Pavia)
Lucio Alberti
Casa Circondariale via Cassano Magnago 102 – 21052 Busto Arsizio (Varese)
Francesco Sala
Casa Circondariale via Palosca 2 – 26100 Cremona

Pièces jointes

Report tract (.pdf)

texte publié sur Indymedia Nantes.

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[Solidarité No TAV] Rendez-vous le 17 décembre devant le tribunal de Turin

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A exactement un an des arrestations de Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò, et à un peu plus d’une semaine des réquisitions énoncées contre eux, l’accusation de terrorisme est désormais aussi portée contre Lucio, Francesco et Graziano. En prison depuis juillet, les trois n’étaient accusés jusqu’ici “que” de détention et de transport d’armes de guerre, de dégradations par incendie et d’autres délits mineurs, auxquels s’ajoutent ce matin les articles 280 et 280bis : l’attentat à finalité terroriste. Cette déplaisante surprise a été accompagnée de la perquisition de leurs cellules, avec mise sous scellés de diverses choses, le tout incluant aussi le blocage des parloirs. Un parent et une amie autorisé-e-s de façon régulière ont en effet été repoussé-e-s ce matin, et informé-e-s qu’ils devront requérir de nouvelles autorisations. Nous ne savons pas encore si, comme cela a été le cas pour les 4, les parloirs seront bloqués pour un certain temps, ou s’il s’agira dans ce cas seulement d’une brève suspension. Sur le moment, il n’est pas non plus possible de prévoir où et quand les trois seront transférés, puisque l’accusation de terrorisme prévoit un régime de détention de Haute Sécurité.

Pour sortir, enfin, de ce qui ce passe dans les salles des tribunaux et dans les instituts pénitentiaires, plusieurs centaines de personnes ont parcouru et bloqué les routes de Val Susa ces derniers jours, pour les libération des sept compagnon-ne-s en prison. Dans la nuit de dimanche, un long et bruyant cortège a traversé la ville de Susa, en s’arrêtant en particulier devant l’hôtel Napoleon où, à l’aide de fumigènes et de bruits de métal, a été dérangé le repos des forces de l’ordre qui y sont logées. Le jour suivant, le 8 décembre, anniversaire de la bataille de Venaüs en 2005, deux groupes de manifestant-e-s ont tenté d’atteindre la zone du chantier depuis deux endroits distincts. Un groupe s’est retrouvé à Giaglione et est parvenu, par les sentiers, à contourner les barrages des forces de l’ordre et à rejoindre le chantier, où tout le monde a battu sur les grilles. Le groupe qui s’était donné rendez-vous à la Centrale de Chiomonte s’est trouvé face à un blocage des forces de l’ordre sur le pont en face du portail de la Centrale et a donc décidé de remonter vers la nationale 24, qui a été bloquée durant plusieurs heures. D’autres gens se sont dirigés vers la gare la plus proche, où le passage d’un TGV a été bloqué par l’occupation des voies. A la fin de l’après-midi, un gros groupe de manifestant-e-s est retourné vers la Centrale, où a commencé un long battage de métal, qui n’a cependant pas trouvé de succès auprès des forces de l’ordre, qui ont répondu avec des canons à eau et des lacrymogènes.

La journée s’est achevée comme ça, et tout le monde s’est donné rendez-vous le 17 décembre, jour du rendu du procès.

Le 17 décembre à 9h dans l’Aula Bunker pour saluer Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò et, dans l’après-midi, à 17h30, sur la place du marché de Bussoleno pour décider quoi faire après le verdict de la Cour d’Assise.

Macerie, 9 décembre 2014, (traduit par Contrainfo).

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